Cahier n°27 – L’organicité selon FL Wright

Sommaire

  • FL Wright : citations illustrées
    • Jean-Pierre CAMPREDON et Annick LOMBARDET, architectes
  • Gravité et tension
    • Nabil AWADA, architecte
  • Une expérience particulière
    • Giuliano CHELAZZI, architecte
  • La maison Ben Rebhuhn
    • Luc CAZANAVE, architecte

Edito

Franck Lloyd Wright 1857 – 1959, 150 ème anniversaire de sa naissance

L’influence de Franck Lloyd Wright sur les architectes du XXème siècle est une évidence.

Mais le triptyque Wright – Mies Van Der Rohe – Le Corbusier constamment évoqué pour définir l’architecture moderne ne correspond pas à la réalité de son œuvre.
On ne peut la réduire, ni à être l’élément romantique face à un Le Corbusier « réaliste » et un Mies Van Der Rohe « idéaliste », ni à jouer le rôle d’un maillon de « l’histoire de l’architecture moderne ». Une telle démarche conduit naturellement à ne considérer que les oeuvres correspondant à ces schémas et à écarter ou méconnaître toutes celles qui y échappent.

FL Wright n’est pas seulement l’homme artiste du musée Guggenheim et de la maison sur la Cascade ; il n’est pas non plus l’homme d’une idée.
Son architecture, par sa globalité, exclut toute mise en théorie, toute schématisation.

Elle est histoire d’une libération continue où les thèmes s’entrelacent, ressurgissent, évoluent sans cesse. Il n’y a ni définition, ni slogan, que ce soit fonctionnel, structurel ou formel, ni donc d’expressionnisme, mais développement de plus en plus libre et précis d’une pensée fondamentale qui « rencontre » les grands archétypes architecturaux de la Tradition.

A ce niveau de compréhension l’architecture de FL Wright n’apparaît plus comme un phénomène inaccessible et anachronique, expression d’une figure romantique et d’un génie isolé.

Son architecture, dénommée par lui « organique », toute entière centrée sur la notion d’intégrité, est l’expression d’une conception globale et vivante où les rapports sont aussi signifiants que les constituants, et par là même elle s’oppose à une démarche qui ne serait qu’analytique et linéaire.

Hervé BALEY
Architecte, projet de livre 1970 – Archives Taliesin west